LES DELICES DE TOKYO

Résumé

« Écoutez la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d'embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu'elle lui a fait partager.

Magnifiquement adapté à l'écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal.

L'Auteur

SUKEGAWA

Artiste éclectique, Durian Sukegawa est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l'École de pâtisserie du Japon. D'abord scénariste, il fonde en 1990 la Société des poètes qui hurlent, dont les performances alliant lecture de poèmes et musique punk défraient la chronique. 

De 1995 à 2000, il anime sur les ondes d'une radio nationale une émission nocturne plébiscitée par les collégiens et les lycéens.

Il est l'auteur de nombreux romans et essais. "Les délices de Tokyo" est son premier livre traduit en français. Il a été adapté pour le cinéma par Naomi Kawase. 

Mon avis

Quelle délicatesse cette littérature japonaise ! j'ai vu le film avant de lire le livre et mon plaisir a été un peu gâché.... mais quel beau récit.

On y trouve des personnages cabossés par la vie, une vieille femme dont le corps gare les traces d'un mal effrayant, un homme désabusé, qui n'attend ni n'espère plus rien, solitaire, buvant et triste, une jeune collégienne, livrée à elle-même et ballotté au milieu de parents divorcés et qui cherche un peu de chaleur, d'atttention et d'amitié.

Ces trois là vont se reconnaître, s'observer et se comprendre. Grâce à Tokue, cette femme au passé mystérieux chacun va donner un nouvel élan à sa vie, apprendre à regarder autour de soi, écouter et comprendre que l'horreur est à la porte mais que la beauté aussi. Que rien n'est fini, qu'il faut toujours croire, espérer. Quelque soit la durée de la vie, elle a un sens. 

Il faut savoir franchir les barrière, aller au-delà : au-delà de la haie de houx, aller au-delà des barreaux des prisons, au-delà des préjugés.

Ce sont des sujets graves qui sont traités : les préjugés, l'indifférence, la maladie, la solitude, l'amour au-delà de la mort, l'amitié, la solidarité, mais aussi la transmission, l'amour de la pâtisserie. C'est plein de petits détails qui vous font saliver et moi j'ai eu qu'une envie c'est de goûter ces fameux doryakis... mais avec une poésie, une douceur violente parfois, c'est simple et raffiné.

Je remarque que la littérature japonaise a la manière de traiter de sujets difficiles avec une poésie qui permet de mieux comprendre (enfin pour moi) qu'une écriture violente, grossière.

Le film qui a été adapté de ce livre est également très réussi mais je conseillerais de lire le livre et ensuite d'en voir la version cinématographique.

Ma note : ****

Ciao