LE DOCTEUR THORNE

Résumé

Le Docteur Thorne, qui a valu à Anthony Trollope son plus grand succès, constitue (en 1858) l’une des premières apparitions dans le roman anglais du personnage du médecin, appelé à un bel avenir littéraire. Les rapports entre le mariage et l’argent, dans une société inégalitaire mais mobile, sont au cœur d’une intrigue attachante. Le docteur Thorne, célibataire endurci, a recueilli chez lui sa nièce Mary, orpheline, qui est devenue une belle jeune fille. Il souffre de la voir mise à l’écart par la bonne société du village, du fait qu’elle est de naissance obscure et sans fortune. Elle ne saurait épouser celui qu’elle aime, Frank Gresham, un jeune héritier désargenté qui l’aime également, mais dont le devoir est d’épouser « une fortune » pour sauver le domaine familial hypothéqué. Trollope nous offre ici un magnifique roman d’amour, qui se distingue, comme toujours, par la richesse psychologique de ses personnages, l’intérêt de son étude de mœurs et son inspiration aimablement satirique. 

L"Auteur

TROLOPPE

Anthony Trollope né à Londre en 1815 et mort en 1882, est l'un des romanciers britanniques les plus célèbres, les plus respectés et les plus prolifiques de l'époque victorienne. 

En 1827, sa mère, Frances Trollope, déménage aux États-Unis avec trois des frères d'Anthony, mais elle revient en 1831 et se fait rapidement un nom en tant qu'écrivain, ce qui lui donne une réelle aisance financière. 
En 1834, son père Thomas Trollope doit s'enfuir sous peine d'être mis aux arrêts pour dettes. Il opte pour la Belgique. La famille tout entière emménage dans une maison près de Bruges, où elle vit grâce à l'argent que Frances gagne avec ses livres. En 1835, le père Thomas Trollope meurt de consomption. 

Alors qu'il vit en Belgique, Anthony travaille comme professeur assistant dans une école, où il suit des cours de français et d'allemand en vue d'obtenir un poste d'officier dans un régiment de cavalerie autrichien, poste qu'il occupe pendant six semaines. Puis il est recruté comme fonctionnaire des Postes de Sa Majesté, grâce à l'entremise d'une relation de sa mère. Il retourne donc à Londres où il vit seul, ses nouvelles fonctions lui apportant la respectabilité qu'il recherche mais des revenus très modestes.
Professionnellement, en effet, il ne progresse guère, mais tout change en 1841 lorsque l'administration des Postes le nomme en Irlande. En 1844, il épouse une Anglaise, Rose Heseltine, avec laquelle il s'installe dans ce pays où ils vivent jusqu'en 1859. 

Trollope se met à écrire lors des longs trajets en train qu'il doit effectuer pour son travail et qui le mènent d'un bout à l'autre de l'Irlande. Ses premiers romans sont inspirés par la boite dite des « lettres mortes » (dead letters), dans laquelle il pioche lorsqu'il en éprouve le besoin. Là se trouvent les lettres non-distribuées pour cause de décès ou d'adresse incorrecte. 
Au milieu des années 1860, Trollope est élevé à un grade important dans la hiérarchie des Postes. C'est l'époque où ses romans commencent à lui rapporter des sommes importantes. Il quitte l'Administration des Postes en 1867 pour faire campagne sous l'égide du Parti Libéral lors des élections générales de 1868, (Parlement parti libéral). 

Son premier grand succès est The Warden (1855), petit chef d'œuvre dont l'action se déroule dans le comté fictif du "Barsetshire". Cette série constitue ce qu'on appelle les Chroniques du Barsetshire. La satire comique de Barchester Towers (1857) 

Mon avis

COUP DE COEUR

Alors pourquoi un coup de coeur : le ton du livre d'abord. Très moderne. L'auteur est présent dans le livre en tant qu'observateur et tout au long du récit il fait des apartés sur l'attitude de certains personnages ou situations. C'est moderne, humoristique parfois, il garde une certaine distance par rapport à eux et relatent les faits comme un journaliste. C'est très moderne et vivant.

On rentre très vite dans l'histoire (n'ayez pas peur des 500 pages) moi je l'ai dévoré car les caractères, situations même s'ils ne sont pas très originaux et sans grande surprise, sont révélateurs d'une époque dans les hièrarchies anglaises, du rang social, des hauts et bas de forturne et des amours contrariés.

C'est alerte, drôle parfois surtout quand on voit certains renversements de situation, les descriptions sont vivantes et nous sommes transportés dans le 19ème siècle.

Pourtant à voir le portrait de cet auteur on pourrait penser à une écriture austère, ennuyeuse et figée. Pas du tout. : il a une écriture des plus agréables, avec une psychologie des personnages, des situations. Il s'adresse parfois directement à nous, s'excusant parfois de ne pas totalement maîtriser certaines sujets (juridiques) et s'en excuse. Il y est question d'amour, bien sûr, mais aussi de politique, de relations familiales et d'argent. 

Mais oui je vous excuse Monsieur Trollope car vous m'avez dépaysée, fait passer un délicieux moment, près de tasses de thé, de propriétés perdues dans la campagne anglaise avec des personnages attachants, irritants, ignobles, hypocrites et qui n'hésitent pas, pour certains, à retourner leurs vestes.

C'est une satyre de l'aristocratie anglaise sous un aspect léger mais lucide. Un régal.

Ma note : ****

Ciao