LA SERVANTE ECARLATE

Résumé

"Il nous est interdit de nous trouver en tête à tête avec les Commandants. Notre fonction est la reproduction [...]. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets."
Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. 
Une œuvre d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

L'Auteure

ATWOOD

Margaret Eleanor "Peggy" Atwood est une romancière, poétesse et critique littéraire canadienne née en 1939.
Elle a commencé à écrire à l’âge de 16 ans. 
Après avoir reçu la médaille E. J. Pratt pour son recueil de poème "Double Perséphone" (1961), elle poursuit ses études à Harvard, au Radcliffe College, dans le cadre d’une bourse Woodrow Wilson. 
Elle enseigne à University of British Columbia (1965), à Sir George Williams University à Montréal (1967-1968), à University of Alberta (1969-1979), à York University à Toronto (1971-1972), et à l'Université de New York.
En 1968, Atwood épouse Jim Polk, mais divorce quelques années plus tard, en 1973. Elle se marie ensuite avec le romancier Graeme Gibson. Elle donne naissance à sa fille Eleanor Jess Atwood Gibson en 1976.
Le Prix Arthur C. Clarke lui a été décerné en 1987 pour son roman "La Servante écarlate" (The Handmaid's Tale, 1985). Le livre a été adapté au cinéma par Volker Schlöndorff en 1990 et a fait l'objet d'une série télévisée en 2017.
Elle a remporté le Booker Prize en 2000 pour son roman "Le Tueur aveugle" (The Blind Assassin).

Mon avis

Etonnant récit, pas toujours facile à lire. Sujet difficile et terrifiant. Dans un futur? par manque de natalité? certaines femmes, ayant fait preuve de fertilité, deviennent des "esclaves" destinées uniquement à la procréation.

Dans une société régit principalement par les femmes elles-même, leur unique "utilité" est de mettre au monde des enfants conçus par le "Commandant" en présence de sa femme, femme souvent autoritaire, âgée. 

Tout y est rendu : le pouvoir, l'esclavage, la déshumanisation de la femme ne devant plus qu'une matrice. La narratrice a perdu la trace de Luke son amour et de sa fille. Même les échanges entre femmes sont interdits. Leurs journées s'écoulent sans aucun activité (à part sortir faire les achats pour la narratrice), aucun contact.

C'est glaçant, gênant, obscur et noir mais intéressant. Longue réflexion sur l'éventuel devenir de la femme, mais aussi d'un pouvoir et d'une religion basés sur la torture et la terreur : pas de contact, pas de lecture rien qui puisse donner de l'espoir.

L'auteure ne nous épargne pas : elle décrit minutieusement les pensées et tourments de Defred (la narratrice), cette femme vêtue de rouge écarlate avec des ailes blanches lui cernant le visage : on est mal à l'aise, gênée surtout en tant que femme quoique ..... l'homme n'étant réduit qu'à un rôle de reproduction.

Souhaitons-nous de ne jamais vivre dans un tel monde !!!!! Je vous le recommande malgré tout car il ne faut jamais se voiler la face et certaines réflexions sur le monde tel qu'il est et qui peut amener un futur identique donnent matière à réflexion.

Ma note : ***

Ciao