LA FACTURE

Résumé

5 700 000 couronnes. 600 000 euros. Voilà le montant de la facture dont le narrateur devra s’acquitter. Pour quoi ? Pour tout : sa vie, ses expériences, ses sensations, ses rêves, son bonheur. “Pensez-vous que tout cela est gratuit ? s’étonne l’une de ses interlocutrices. La vie a un coût.”
Jonas Karlsson dresse le portrait d’un homme heureux dans sa modestie à qui l’on veut faire payer son bonheur au prix fort. Confronté à l’absurdité d’une société qui ne jure que par l’argent et croit pouvoir tout calculer, le narrateur devra, paradoxalement, s’échiner à prouver qu’il n’est peut-être pas si heureux...

39 ans, célibataire, sans enfants. Employé à mi-temps d’un banal vidéoclub. Aux yeux de la société, notre narrateur est tout bonnement passé à côté de sa vie.
Et pourtant : lorsqu’un programme de redistribution des richesses entreprend de facturer aux citoyens leur “bonheur vécu”, la note de cet homme est salée : 5 700 000 couronnes suédoises. Soit près de 600 000 euros.
Car sous des airs de raté se cache un homme qui se réjouit de peu. Une vieille affiche, quelques disques, le seul ami qui lui reste, malgré ses mauvais côtés. Et surtout, les détails insignifiants aux yeux de ceux qui, tête baissée, arpentent aveuglément les rues de nos métropoles : un furtif rayon de soleil, des bribes de conversations, une obscure scène de film.Soupçonnant d’abord une arnaque, cet homme heureux dans son coin finit par admettre que, dans une société régie par l’argent, il n’est finalement pas si choquant qu’on facture le bonheur. Mais tout de même : est-il vraiment si heureux, pour qu’on le fasse payer si cher ? Et au nom de quels critères ? Le voilà embarqué dans un long processus de réclamation qui, du siège immense d’une étrange société aux conversations infinies avec une interlocutrice attentive, le plongera tour à tour dans l’incompréhension, l’énervement, le désespoir et… le bonheur, malgré tout, bien que le montant à payer, ironiquement, ne cesse d’augmenter. Et pour cause : dans sa tentative désespérée de le faire baisser, il a bien du mal à trouver ne serait-ce qu’une expérience qui ait durablement porté atteinte à son bonheur.

KARLSSON

L'Auteur

Jonas Karlsson, né en 1971, vit à Stockholm. Acteur, il a joué dans plusieurs lon

gs métrages ainsi que dans des séries et s’est illustré dans de multiples rôles au Théâtre dramatique royal – scène majeure du pays. Il a lui-même écrit plusieurs pièces avant de passer à la fiction en 2007. Son oeuvre, essentiellement composée de nouvelles et de récits, a été traduite dans une quinzaine de langues. 

Mon avis

 

Qu'il est agréable de tomber sur ce genre de "fable" sur notre société : originale, bien observée et que l'on lit avec avidité afin de comprendre tous les ressorts de cette absurdité sociétale et de savoir comme le héros va s'en sortir.

Peut-on être taxé parce que l'on sait être heureux, que même si nous n'avons rien nous avons une capacité naturelle à vivre pleinement le bonheur quand il se trouve à notre porte.

Et bien c'est ce qui arrive au narrateur qui reçoit une facture conséquente, inexpliquée et au fur et à mesure de ses recherches pour comprendre cette facture va s'enfler, va devenir encore plus faramineuse, jusqu'à ne plus avoir de mesure.

C'est une sorte de petite pépite, bien écrite, comique et reflétant tellement notre société...... qui dit qu'un jour nous ne serons pas taxés sur notre bonheur, nos rires, notre bien être, la faculté pour certains à être heureux alors que d'autres baignent dans la morosité.

En tout cas ce court récit fait du bien, il nous sort de notre quotidien et nous fait porter un regard sur notre mode de vie et de constater que finalement nous ne sommes pas si malheureux que cela ...... Il faut ouvrir les yeux, rester humble, ne pas mettre la barre trop haut.

Ma note : ***

Ciao