LA PETITE FILLE DE MONSIEUR LINH

Résumé

C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh.
Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort.
Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.

L'auteur

P

Né le 02/02/1962 à Dombasle sur Meurthe (Lorraine) dans une famille d'ouvriers, Philippe Claudel a passé une agrégation de français. Il a choisi d'enseigner le français à la maison d'arrêt de Nancy et dans un centre pour enfants handicapés, en sus d'un poste de maître de conférence à l'université Nancy II. Il donne aussi des cours à l'institut européen du cinéma et de l'audiovisuel.
Enseignant et écrivain (premier roman paru en 1999), il est aussi réalisateur ("Il y a longtemps que je t'aime" en 2008, "Tous les soleils" en 2011 ou encore "Une enfance" en 2015 qui reçoit le Bayard d’Or du meilleur scénario au festival de Namur) et directeur d'éditions (depuis 2004, il dirige la collection ecrivin chez Stock).
Il a reçu le prix Marcel Pagnol en 2000 pour "Quelques uns des cents regrets", le prix Renaudot (2003) pour "Les âmes grises", le prix Goncourt des lycéens (2007), le Prix des libraires du Québec (2008) et le Prix des lecteurs du Livre de poche (2009) pour "Le rapport de Brodeck", le Prix Jean-Jacques Rousseau de l'autobiographie (2013) pour "Parfums". 
Il intègre l'Académie Goncourt en janvier 2012 au couvert de Jorge Semprún. Il est fait Doctor Honoris Causa de l'Université catholique de Leuven en février 2015.
II est marié et papa d'une petite fille. 

Mon avis

Je viens de relire ce récit que j'avais un peu oublié car lu depuis longtemps et qui est revenu dans mon actualité.

Récit d'un homme âgé contraint à l'exil par une guerre qui a détruit son pays, sa famille : son fils et sa femme, il ne reste que Sang Diû (Sans Dieu), sa petite fille âgée de 6 semaines lors de son départ. Elle en a le double quand il arrive en France.

Sang Diû est sa raison de vivre, desurvivre : il se raccroche à elle, comme elle est collée à lui. Ils ne se quittent pas, jamais : Monsieur Linh veut lui transmettre ses racines, les parfums de son pays lointain, ses coutumes, ses paysages. Il prend son rôle de protecteur très au sérieux et Sang Diû est une petite fille parfaite : pas de cris, pas de larmes..... 

Monsieur Linh noue même une relation amicale avec Monsieur Bark, colosse au moral fragile, qui vient de perdre sa femme qui tenait le manège dans le parc. Ils ne parlent pas la même langue mais arrivent à se comprendre. Ils unissent leurs deux solitudes, leurs deux peines et se retrouvent chaque jour afin de s'aider à retrouver un sens à leur vie.

Mais le foyer d'accueil de Monsieur Linh ferme et il est envoyé dans une bien étrange maison.....

Récit sur l'exil, sur les racines, la famille, l'amitié mais aussi sur la folie.

On ne peut être que que touché par ce roman dont l'écriture fluide, comme le bateau qui vogue loin des terres aimées et accoste sur une terre inconnue, d'un pays inconnu. Comment ne pas sombrer quand on perd tout ce qui a fait sa vie : Monsieur Linh lui a pris la décision de vivre pour cette petite fille qui deviendra sa confidente, sa bouée de sauvetage.

Seul petit bémol, au fil de la lecture on comprend qu'il y a un petit mystère et j'ai découvert celui-ci avant la fin du roman mais c'est une histoire très poignante qui ne peut laissé indifférent.

Ma note : ****

Ciao