ARTICLE 353 DU CODE PENAL

Résumé

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec. Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. 
Encore faut-il qu'il soit construit.

L'auteur

T

Tanguy Viel né le 27/12 1973 passe à Brest les douze premières années de sa vie. Objecteur de conscience au centre dramatique de Tours, « ses possessions sur terre se limitaient à six cartons, dont cinq de livres », si l'on en croit François Bon. Il habite chambres de bonnes et greniers improbables, toujours proche du centre de la ville et de ses bars. 
Il n'a que vingt-quatre ans lorsqu'il publie son premier roman, Le Black Note, et le ton est déjà posé : écriture ciselée et quasi-cinématographique pour personnages imparfaits, saluée franchement par la critique. 
Suivront Cinéma, et l'Absolue perfection du crime, où il s'essaie à la forme littéraire du polar et pour lequel il reçoit le prix Fénéon, puis de nombreux romans dont les plus notables sont Insoupçonnable (2006) puis Paris-Brest (2009) et en 2013, La disparition de Jim Sullivan. 

Mon avis

Il y a un petit moment qu'il figure dans ma PAL sur ma liseuse, suite à une Grande Librairie et à différents articles lus sur ce roman et je ne suis pas déçue.

Martial Kermeur fait partie des petites gens (rien de péjoratif pour moi dans ce terme) un peu naïf qui se fait prendre dans les filets d'un escroc.... Toute sa prime de licenciement des Chantiers Navals y passe et il en aurait eu plus il l'aurait perdu car lui il le croyait, cet Antoine Lazenec, roulant en belle voiture, menant grand train et belle vie. 

Le château transformé en résidence avec vue sur la mer, il pourrait rester sur les terres du château alors que jusqu'à maintenant il vivait dans la maison du gardien seul avec son fils Erwan depuis le départ de sa femme France.

Peu à peu Martial sombre dans le désespoir : 400 000 euros ce n'est pas rien et il a même honte de ce qui lui arrive....

Mais ce qui lui arrive à lui et à son fils ne va pas laisser le juge indifférent car c'est de justice dont il est question dans ce roman.

Très beau récit, direct, mais bien restitué par la précision des mots, des sentiments et du parler de Martial. On ressent totalement la détresse de l'homme qui explique ce qu'il a vécu, les drames autour de lui, la perte de son estime et le désarroi dans lequel il se trouve.

Sujet original, bien traité, ce court roman offre une vision tellement d'actualité de certains hommes sans scrupules et de leurs manigances profitant de la naïveté et de la confiance de personnes flattées d'être "remarquées" par eux. Tout le monde peut se trouver pris à leur piège malheureusement tout le monde ne tombera peut etre pas sur un juge appliquant un article du code pénal qui permet de rendre justice sans passer par le tribunal

Ma note : ***

Ciao